Carte blanche à Marie-Pierre Musseau – les mois de l’année et leurs légendes – MARS
MARS
Vous souvenez-vous de ces gentils baromètres en forme de maisonnettes en bois peint, aux volets verts fleuris de géraniums d’où sortaient, à l’annonce du mauvais temps monsieur avec un parapluie ou bien madame et son ombrelle lorsqu’il allait faire beau ?
En mars, de giboulées en giboulées, ils devenaient vite endiablés
La flore réveille les sous-bois, reverdit les prés et le jardin se couronne de jonquilles.
Les fleurs de mars, nées du réveil des fées ne durent pas longtemps.
La toute première, celle du renouveau est la primevère et sous son air modeste, elle cache de grandes responsabilités.
Elle est la clé, celle qui ouvre la porte au printemps et fait entrer les beaux jours.
La violette, quant à elle, renferme des secrets et son parfum influence les rêves divinatoires.
Les celtes en faisaient l’emblème de l’innocence.
Pour fêter le réveil du printemps, le forsythia entre en scène et ses bouquets d’éclats d’or règnent sur la nature encore toute chiffonnée et grelottante.
Celui qui porte sur son cœur une de ces fleurettes connaitra des nuits merveilleuses.
Bois, bosquets, collines et vallées, champs et campagnes se réaniment.
En même temps que le ruisseau se libère de ses eaux figées, il y a dans le profond de l’air un harmonieux remous de sons.
Au caquetage de la poule de basse-cour répond de très haut le salut de l’oie sauvage, messagère entre le ciel et la terre, mère du jeu de l’oie, lumière de la connaissance, protectrice de la maison et de la ville.
Les lièvres cabriolent, le grand cerf dépose sa couronne pendant que s’affairent taupes et hérissons.
Le joli pivert, habit vert, gilet jaune, col blanc, calotte rouge et noire annonce le printemps en frappant sur les troncs.
Quant à la lune, c’est en mars qu’elle est toute puissante, une belle de nuit !
Mais attention !!!
Lorsqu’une femme se dénude à la lune montante, elle s’expose à être fécondée par l’esprit de la lune et l’enfant à naître sera moitié homme, moitié elfe.
Il percevra l’invisible, le passé, l’avenir et fréquentera les fées, comprendra le langage des animaux.
Ses sentiments s’extérioriseront par la pluie et le beau temps.
Il faut savoir que la lune est en vérité une tarte dorée et bien ronde, confectionnée par une fée avec le lait de la Voix Lactée et la farine des nébuleuses.
Une fois cuite, c’est un lutin surgi de son trou qui s’en régale. D’un bel appétit il la grignote, quartier par quartier, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre et les miettes qu’il laisse retomber de ce festin forment les étoiles et les petites constellations.
Les saints de mars sentent venir de loin le printemps, comme Joseph, patron des charpentiers et des menuisiers.
On dit de lui qu’il marie les oiseaux.
Le 17 mars, toutes les communautés irlandaises du monde entier célèbrent Saint Patrick avec force chopines !!!
On le dit inventeur de l’uisge beatha, terme gaélique qui désigne l’eau de vie, autrement dit, le whiskey des celtes.
Du grand Saint Patrick à la petite bête à Bon Dieu, il n’y a qu’un pas.
Toute ronde et coquette, la coccinelle apporte le bonheur quand elle se pose sur une personne et le nombre de points comptés sur son dos indique le nombre d’années qu’il durera.
C’est avec le papillon l’insecte préféré des enfants.
Si quelqu’un a aidé un jour Petite Nicole (autre nom familier de la coccinelle en Bourgogne) à s’envoler, à devenir ange, là-haut, près du Bon Dieu, elle lui gardera sa place au paradis…
Le tableau de cet article Berthe Morisot – Jonquilles – 1885