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Carte blanche à Marie-Pierre Musseau : la couleur dans tous ses éclats



Suivez les aventures du Phénix…
Il se pare de toutes les couleurs et vous en dévoile les sens cachés






3 décembre2020     Les ambivalences du jaune

En occident, le jaune est la couleur la moins appréciée.
Tantôt attribut du pouvoir et de la richesse, tantôt le signe de l’exclusion et de la traîtrise.

A partir du Moyen Age, on compare le jaune à l’or et l’or remporte tous les suffrages : il est lumière, joie, vie, puissance et richesse.
Le jaune à côté semble éteint, passé. Il ne lui reste que les symboles des couleurs perdues, fanées, de l’automne et de la maladie.
Dans les temps médiévaux, le jaune était signe de rejet et de trahison : couleur de la robe de Judas et des maris trompés.

C’est à partir de la Renaissance qu’il revient peu à peu dans les maisons.
Il est apprécié pour ses propriétés lumineuses et vives, il réchauffe une décoration et apporte de la lumière.

Il est très à la mode sous l’Empire.

A la fin du XIXème siècle, le jaune réapparait sous ses nuances les plus éclatantes avec la pratique des peintres impressionnistes.
On se souvient des jaunes de Van Gogh (La maison jaune) et de Gauguin (Autoportrait au Christ jaune).

En Inde, le jaune est la couleur par excellence, associée au bonheur conjugal.
C’est aussi la couleur du bouddhisme : Bouddha avait imposé des vêtements teints au safran en signe de renoncement au monde et interdit certaines couleurs comme l’indigo, marqué de connotation négative en Asie.

En Chine, le jaune, autrefois réservé à l’empereur et aux princes de sang, tant pour leurs vêtements que pour les tuiles qui recouvraient leurs palais, est toujours la couleur préférée des Chinois.



20 novembre 2020     PARLONS DE L’OR

L’or est la substance de la royauté, la couleur de la vénération et vénéré lui-même.


A la différence de l’argent et des autres métaux, il est ensemble aux années qui passent, ne se ternit pas et ne perd rien de sa splendeur.
Une partie de son attrait réside dans sa rareté et sa répartition inégale sur la planète.

Les artisans du Moyen Age fabriquaient leur or en martelant assidûment des pièces de monnaie, les transformant en des feuilles d’une extrême finesse d’environ 8,5 cm de côté.

Un bon batteur pouvait obtenir jusqu’à 100 feuilles d’un seul ducat, monnaie en or de l’Italie médiévale.
Les batteurs professionnels du XXème siècle mesuraient encore le poids de la feuille d’or grâce au ducat.
Le dernier batteur d’or de France a cessé son activité en 2018 après 184 ans, faute de repreneur.

Après application de l’or sur une substance collante, un mordant, il faut se livrer à une opération de brunissage pour que le métal brille.
Pour ce faire, on utilise une pierre d’agate. Dans les temps médiévaux, on employait des dents de chien, de loup, de sanglier ou de chat pour les petites surfaces.

L’or n’est pas toujours étalé en feuilles, il est aussi utilisé comme pigment, en poudre : l’or est dit « en coquille » parce qu’au Moyen Age, il était placé dans des coquillages ou des coquilles de moules.
La poudre est obtenue après un long procédé de broyage des feuilles au doigt, liées au miel.
La technique de peinture à l’or ou chrysographie permet d’obtenir des effets stupéfiants.



17 octobre 2020     Histoire d’une couleur : SANG-DE-DRAGON

« Les éléphants sont en guerre continuelle contre les dragons qui désirent leur sang car il est très froid.
Etendu, le dragon attend l’arrivée de l’éléphant puis, de son immense queue, il enlace ses pattes arrière.
En s’effondrant, le pachyderme écrase le dragon gorgé de sang, si bien que leurs sangs se mêlent et par le froid se figent en une substance que les apothicaires qualifient de « Sanguis draconis », le sang-de-dragon ».

En réalité, le sang-de-dragon est une résine rouge grenat tirée du « Dracaena cinnabari » un arbre nommé dragonnier de Socotra.

Cette substance fut employée comme colorant mais aussi en médecine et en alchimie.
A titre médical, elle permit de soigner des problèmes de peau, des fièvres et des diarrhées rebelles à d’autres traitements plus classiques.

En tant que colorant le sang-de-dragon servit à teinter des vernis, fut appliqué sur l’or pour lui donner un aspect rouge.
Il fut aussi utilisé par Stradivarius pour teinter ses violons et par les ébénistes pour colorer leurs laques.

C’est un matériau venu du fond des temps, utilisé en enluminure aujourd’hui encore mais rare et cher.



20 mai 2020

Phénix s’est octroyé un fond clair ce soir. Cette teinte un peu rosée se nomme “incarnat”. Elle a longtemps été considérée comme “second couteau” dans l’histoire des couleurs. On l’utilisait pour peindre les visages, la chair.
Au 15ème siècle, l’incarnat devient une couleur à la mode chez les teinturiers grâce à l’importation du bois de brésil et les nobles se parent volontiers de vêtements roses. Le terme “rose” n’apparait qu’au 16ème siècle.


7 mai 2020
Phénix aujourd’hui a choisi un fond rouge.

Dans les temps reculés du Moyen Age, le contraire du blanc était le rouge. Dans cette couleur, les teinturiers étaient particulièrement performants grâce à une plante, la garance qui poussait alors un peu partout. Pour obtenir des teintes de rouge encore plus prestigieuses, ils utilisaient la femelle du kermès (cochenille) mais les prix étaient exhorbitants.
La plus belle robe était rouge, la robe de mariée aussi était rouge …


6 mai 2020

Aujourd’hui Phénix se pare de noir. Belle histoire aussi que celle du noir.
A Moyen Age finissant, les couleurs chatoyantes sont refusées aux riches. En guise de protestation, ils demandent aux teinturiers de faire des progrès dans la gamme des noirs, notamment en Italie du nord.
Les grands personnages de la cour de France imitent la cour italienne puis, vers 1455, le plus puissant prince d’occident, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, décidera de se vêtir définitivement de noir. Noir de luxe mais aussi noir de deuil pour porter le deuil de son père, Jean sans Peur. Son fils Charles le Téméraire fera de même puis les habitudes de la cour de Bourgogne gagneront la cour d’Espagne qui lancera les modes.
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29 avril 2020

Ce soir, Phénix a choisi de se poser sur un fond bleu …
Bleu, couleur préférée des occidentaux depuis le 13ème siècle.
Bleu, entre azur et outremer, issu d’un minéral semi précieux, le lapis lazuli, plus prisé et plus cher que l’or dans les temps anciens.
Bleus de la guède, plante tinctoriale d’où est issu le pastel, bien connu des Albigeois.
Bleu élégant de l’indigotier aux tendances violines …


BLEU … Poème de Marie-Pierre Musseau 2020 Je veux du bleu
A manger, à croquer

Je veux me blottir
Dans les bras d’émeraude Vaste déesse
Aux doigts enchâssés
De turquoise veinée

Je veux du bleu d’indigo A la chair violette

Je veux du bleu-vert Coussinets d’aurore

Je veux
Des fonds bleu de nuit Fleurissement d’étoiles

Je veux
Des bleus délavés
Berceaux des yeux chagrinés

Des chardons de lune Soulevant la dune

Des améthystes de principe

Je veux
De la craie
Pour gommer les traits


28 avril 2020

Jean-François, qui se reconnaitra, a permis à mon Phénix de se reposer sur de belles couleurs toutes différentes, que je vous présenterai au fil des jours …
Commençons par le vert, couleur de la jeunesse, de l’espérance, de tout ce qui change dans les temps médiévaux.

 

 

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